UFC-QUE CHOISIR MOSELLE SUD

Autres alertes, Energies, Immobilier, Logement, Vigilance, Vos droits

Mise en place des compteurs Linky : point de vue de l’UFC Que Choisir

Alors que des voix s’élèvent pour appeler au refus du compteur Linky, dont le déploiement a débuté depuis décembre 2015, l’UFC Que Choisir Moselle sud souhaite rappeler la position de notre fédération sur ce compteur et rétablir certaines vérités.

vieux compteur électriquePour rappel, depuis 2008, l’association UFC s’est largement engagée dans un combat juridique et législatif pour faire évoluer ce compteur dans l’intérêt des consommateurs. Si nous avons obtenu satisfaction sur certains points (financement, afficheur déporté pour les précaires, etc.), il reste encore beaucoup de points noirs (gestion des données, etc.).

 

Aujourd’hui, des ONG et certaines collectivités poussent les consommateurs à refuser le compteur Linky. Attention ! ces appels ne sont pas fondés comme nous l’avons d’ailleurs rappelé sur le site Internet.

Face aux sollicitations éventuelles de consommateurs, nous rappelons le cadre juridique et l’impossibilité de refuser le compteur Linky. C’est de notre responsabilité d’informer les consommateurs et principalement nos adhérents sur ce cadre juridique et sur les risques encourus en cas de refus; en effet, au regard des CGV signées avec votre fournisseur d’électricité, il existe un risque pour les consommateurs de voir leur électricité coupée à cause du non-respect du contrat s’ils refusent le compteur.

Il est clair que l’association UFC ne dispose pas des compétences scientifiques pour juger de la nocivité des ondes et donc du compteur Linky (ou plutôt du mode de communication du compteur : le « courant porteur en ligne » CPL). Pour autant, il existe des normes sur les émissions de radiofréquences édictées par des institutions internationales, européennes et françaises afin de limiter l’exposition des populations. ERDF doit nécessairement respecter ces normes et dans ce sens il a proposé récemment de financer des cabinets indépendants pour réaliser des campagnes de mesure dans les habitations pour les collectivités qui le souhaiteraient. Si c’est un premier pas, il est nécessaire que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités, c’est à dire qu’ils organisent le contrôle afin de vérifier que les normes sont respectées.

Aujourd’hui il est essentiel de distinguer les données nécessaires à la facturation et les données fines de consommation que le compteur peut mesurer et transmettre :

Les index mensuels : ils remontent automatiquement (sans autorisation explicite du consommateur) vers le gestionnaire de réseaux ERDF et vers le fournisseur afin de réaliser votre facturation; ces données ne sont pas sensibles car elles ne permettent pas de reconstituer le comportement du consommateur.

La courbe de charge : les compteurs « Linky » peuvent enregistrer et transmettre la courbe de charge à ERDF (c’est à dire l’évolution de votre consommation dans la journée jusqu’à un pas de temps de 10 min). Selon la CNIL, un consentement explicite du consommateur devra être recueilli pour autoriser la transmission et le stockage de la courbe de charge par ERDF. Par ailleurs, les tiers (fournisseurs ou autres) souhaitant accéder à ces données auprès d’ERDF à des fins commerciales, devront au préalable obtenir une autorisation explicite du consommateur.

Voilà les 3 points que nous souhaitions vous rappeler au sujet des polémiques actuelles entourant ce compteur. Par ailleurs, le « vrai/faux » sur le Linky publié sur le site Internet quechoisir.org est toujours d’actualité; attention cependant, la loi sur la transition énergétique a prévu, depuis, que l’affichage déporté est obligatoire pour les seuls ménages précaires.

Le déploiement devrait s’étendre jusqu’en 2021-2022 (il est possible de consulter la carte du déploiement des compteurs Linky sur le site d’ERDF.

Nous espérons que ces éléments vous permettront de vous fonder une opinion sur les polémiques actuelles.